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De récentes recherches scientifiques dont les résultats ont été dévoilés le 10 novembre 2020 ont démontré l’existence d’un lien étroit entre le microbiote intestinal et la maladie d’Alzheimer.

Réalisés par des chercheurs suisses et italiens, ces travaux ont confirmé des hypothèses scientifiques déjà existantes sur un possible rapport entre l’amylose cérébrale (symptôme d’Alzheimer) et certaines protéines du microbiote intestinal.

Quel est la relation exacte entre microbiote intestinal et Alzheimer ? Ce rapport donne-t-il un nouvel espoir pour guérir cette maladie ? Le spécialiste Jean Jacques Perrut nous répond.

Lien « incontestable » entre la maladie d’Alzheimer et le microbiote intestinal

Pour ses travaux, l’équipe de recherche a fait appel à 89 volontaires, tous âgés d’entre 65 et 85 ans. Présentant des performances cognitives variables, ils ont subi une tomographie par émission de positrons ainsi que des tests sanguins.

Leur tomographie par émission (TEP), a favorisé la détection de plaques amyloïdes qui caractérisent la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs, les échantillons de sang prélevés et ont démontré de manière irréfutable que les individus avec le taux le plus élevé de métabolites bactériens, sont ceux qui avaient également des plaques amyloïdes dans leur cerveau, et donc plus enclins à être atteints par Alzheimer.

D’un autre côté, les personnes ayant des niveaux faibles de plaques amyloïdes cérébrales avaient une concentration élevée de butyrate. Ce dernier, étant un acide gras à chaîne courte connu pour ses propriétés anti-inflammatoires dans le cerveau.

Ces résultats confirment de manière irréfutable le lien entre certains métabolites bactériens intestinaux et le développement de plaques amyloïdes dans le cerveau.

Une stratégie basée sur la prévention

Le neurologiste Giovanni Frisoni a déclaré que les découvertes faites en ce qui concerne le lien entre le microbiote intestinal et la maladie d’Alzheimer, allait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de traitement.

Par exemple, il va être selon lui possible d’administrer très tôt aux personnes présentant quelques symptômes d’Alzheimer un cocktail bactérien ou de pré-biotique afin de stimuler le travail des bonnes bactéries de leur intestin.

Néanmoins, il ne faut pas déclarer victoire trop vite. M. Frisoni estime en effet que nous devons d’abord identifier minutieusement les bactéries à utiliser. De même, celles-ci ne doivent être administrées qu’à un stade précoce de la maladie pour qu’elles provoquent cet effet neuroprotecteur. Pour lui, il faut plus miser sur la prévention que la thérapie.

Le seul inconvénient de cette démarche, est que le diagnostic précoce exige la mise au point de protocoles très pointus pour identifier les personnes à haut risque et les traiter avant l’apparition de symptômes visibles. Choses difficiles à appliquer à ce jour pour la maladie d’Alzheimer.

Quoi qu’il en soit, les récentes recherches citées dans cet article ouvrent de nouvelles voies inexplorées pour la guérison de la maladie d’Alzheimer. Un but certes difficile à atteindre, mais qui n’est pas impossible au vu du progrès scientifique sur le plan médical.

Rappelons qu’en France, 1 million de personnes sont atteintes d’Alzheimer. Un nombre suffisant pour faire prendre conscience aux autorités scientifiques et médicales de l’importance d’y trouver un traitement fiable le plus rapidement possible.